
Quand on prépare une pièce ou une collection, la vraie question n’est pas seulement de savoir quelle pierre on veut, mais de savoir si on la trouvera encore dans six mois. Voici où en est l’approvisionnement à la rentrée.
Le rubis se fait attendre
La mine de Montepuez, au Mozambique, pèse à elle seule autour de la moitié de l’offre mondiale de rubis. Ce qui s’y passe se répercute donc partout.
Or sa teneur en rubis de belle qualité a chuté : d’environ 0,06 carat par tonne sur l’année 2025, elle est tombée à 0,03 sur les cinq premiers mois de 2026. De fortes pluies au premier trimestre ont empêché d’exploiter les zones les plus favorables du gisement, et la mise en service de la seconde unité de traitement a rencontré des difficultés.
Concrètement : moins de belles pierres proposées dans les mois qui viennent. Si un projet suppose un rubis d’un calibre précis, mieux vaut lancer la recherche maintenant.

Le spessartite aussi, plus discrètement
Celle-là ne figure dans aucun communiqué, on la voit simplement passer entre nos mains.
Le grenat spessartite atteint un orange que peu de pierres approchent. Mais le véritable orange dit fanta ne sort quasiment plus : ce que produisent les gisements aujourd’hui tire nettement vers le brun. Les rares pierres de cette couleur encore en circulation sont généralement d’anciennes pierres, déjà taillées, qui passent de main en main.

L’émeraude, elle, circule
Bonne nouvelle de ce côté. La dernière vente de rough zambien s’est tenue à Jaipur du 24 août au 10 septembre : l’intégralité des quarante-quatre lots proposés a trouvé preneur, et le nombre d’entreprises ayant enchéri est passé de cinquante-cinq à soixante-trois. Cependant les prix auxquels les lots de bruts ont été vendus sont largement au dessus des ventes précédentes.
C’est aussi l’occasion de rappeler que la Zambie mérite mieux que son statut de second choix derrière la Colombie. Le vert y est plus froid, légèrement bleuté, et les pierres sortent en général plus nettes, donc moins huilées. Sur une émeraude destinée à être portée tous les jours, ce n’est pas un détail.

Et tout le reste
Entre les trois grandes précieuses et la fantaisie, il existe un territoire qui n’est soumis à aucune de ces tensions.
Les spinelles gris et bleu-gris n’avaient aucune valeur commerciale il y a quinze ans ; ce sont les créateurs contemporains qui les ont fait exister, en cherchant des couleurs sourdes plutôt que saturées. Les saphirs de couleur : teal, jaunes, roses, violets, offrent exactement la même dureté que le bleu, sans en avoir le prix.
Et vous, sur quelle couleur travaillez-vous en ce moment ?